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Le Parisien - Artisans, commerçants, TPE, PME : des experts vous aident face au coronavirus

Le 23-03-2020

Artisans, commerçants, TPE, PME : des experts vous aident face au coronavirus
Banque publique d’investissement, organisations patronales, associations… Des experts accompagnent gratuitement les indépendants, TPE et PME menacés.

Par Cyril Peter
Le 23 mars 2020 


Le Covid-19 a d'abord contaminé l'événementiel, puis s'est propagé à l'industrie, au commerce… Tous les secteurs sont touchés, et les entreprises aux petites trésoreries sont les plus menacées. Tour d'horizon des structures publiques et associatives qui viennent en aide - gratuitement - aux patrons déboussolés.
L'urgentiste Bpifrance
« Comme aux urgences, on fait le tri entre les entreprises les plus fragiles et celles qui ont une trésorerie plus solide », lance Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance. En première ligne pour sauver, au cas par cas, chaque société fragilisée, la Banque publique d'investissement reçoit plus de 6000 requêtes par jour. Via son numéro vert et un formulaire à remplir. « On regarde les entrées et sorties d'argent avant la crise cardiaque, le report des charges fixes », illustre le dirigeant.
Bpifrance commercialise pour l'instant deux prêts sans garantie sur six ans. Le « rebond », de 300 000 euros maximum, est financé par le conseil régional. Il s'adresse surtout aux petits artisans. Celui baptisé « atout » est compris entre 300 000 euros et 30 millions d'euros. Financé par Bpifrance, il vient à la rescousse de plus grosses sociétés, par exemple une ETI qui a fermé ses usines. « On peut décider du montant en une seule journée et décaisser en deux jours en cas d'urgence », précise Nicolas Dufourcq. Dans la majorité des cas, le délai est de dix jours ouvrés maximum.Deux autres produits seront proposés d'ici mercredi 25 mars. Le premier, d'une enveloppe de 80 millions d'euros, concerne les start-up qui connaissaient jusque-là une croissance à deux, voire trois chiffres depuis leur création. Le second (100 millions d'euros) est dédié aux PME.En télétravail, 800 conseillers confinés débloquent l'argent de leur ordinateur. Débordés, ils sont épaulés depuis jeudi 19 mars par 500 autres salariés de Bpifrance. « Sur la base du volontariat, ils ont été formés en un après-midi à l'utilisation des outils informatiques pour déclencher un prêt ou une garantie », confie leur patron.

Bercy mobilise des bénévoles
Le ministère de l'Economie met en place un numéro vert, à partir de lundi 23 mars. Bercy, qui annonce chaque jour de nouvelles mesures de soutien, s'appuie sur plusieurs centaines d'administrateurs et mandataires judiciaires pour faire de la pédagogie. Ces spécialistes du redressement des entreprises, rompus à la renégociation de dette, répondront bénévolement aux questions des patrons et les orienteront vers les services compétents.
Par ailleurs, les entrepreneurs de Paris peuvent écrire à Olivia Grégoire. La députée (LREM) de la capitale, et de la commission des finances qui plaide pour un document unique récapitulant toutes les aides publiques, a créé une adresse mail (corona.virus.entreprises@gmail.com) pour faire remonter les problèmes rencontrés sur le terrain.
Le «décryptage» du Medef
« Les transporteurs de fonds et entreprises de nettoyage hésitent à s'arrêter car ils ne sont pas indispensables ni capables de télétravailler. » Voilà un cas concret auquel est confronté Charles Znaty, le président du Mouvement des Entreprises de France (Medef) Paris. Le rôle de l'organisation patronale est de trancher entre les directives qui viennent d'en haut et la réalité du terrain.
Le Medef Paris envoie depuis début mars une newsletter quotidienne à ses 1000 adhérents qui la transmettent aux autres entreprises. « Les textes, les décrets sont décryptés, car les patrons n'ont pas toujours le temps de comprendre », note Charles Znaty. Les entrepreneurs intéressés peuvent aussi s'informer sur les comptes Twitter et LinkedIn de leur Medef local. Les partages d'expérience peuvent leur donner des idées pour s'adapter face à l'urgence.
Si une adresse mail dédiée au Covid-19 a été créée, Fabrice Le Saché, le vice-président du Medef au niveau national, demande aux entreprises de « privilégier l'échelon de proximité ». Chacune des 122 antennes, en métropole et outre-mer, propose une « hotline » pour les orienter. Des séminaires en ligne sont également organisés pour les adhérents, en majorité des PME. Et Fabrice Le Saché de conclure : « Ruez-vous sur toutes les mesures, de chômage partiel, de reports de charges, car on s'est battu pour les mettre en place. »
Les artisans soulagés
Aucune entrée d'argent, aucune sortie, jusqu'à la réouverture des commerces. C'est le principe défendu par la Chambre de métiers et de l'artisanat (CMA). « Les entreprises avancent les salaires de leurs employés au chômage partiel, rappelle Bernard Stalter, le président de CMA. Or, ils n'ont plus de recette, ils ne pourront pas payer les frais fixes. A ce jour, ni les banques, ni les bailleurs pour les loyers, ni EDF pour les factures d'électricité n'ont pris la parole. »

Plus de 500 conseillers de CMA répondent par téléphone aux esthéticiennes, fleuristes et autres artisans ne vendant pas de produits de première nécessité. « Pour la plupart, ils découvrent le chômage partiel, observe le coiffeur de formation. Alors on monte les dossiers pour eux, en une heure, si le site de la Direccte (NDLR : Direction régionale des entreprises, de la consommation, la concurrence, du travail et de l'emploi) ne plante pas… »
Retranché chez lui en Alsace, Bernard Stalter pense déjà au plan de relance : « Si on ferme quatre semaines, les coiffeurs vont avoir un afflux de clients intenable. Pour l'absorber, il faudrait, pendant quelques semaines, passer aux 44 heures par semaine. Les 9 heures de travail supplémentaires ne seraient pas fiscalisées et on donnerait du pouvoir d'achat aux salariés. »
Parmi les 100 000 artisans en apprentissage, certains sont au chômage partiel, d'autres continuent de travailler, notamment dans les boucheries et boulangeries, toujours ouvertes. En parallèle, des cours en ligne se mettent en place. Comme les crèches, écoles, collèges, lycées et universités, les 112 centres de formation d'apprentis (CFA) du pays sont fermés jusqu'à nouvel ordre.
Les pros de la restructuration
Mandataires judiciaires, banquiers, communicants de crise… Ces spécialistes de la restructuration d'entreprise regroupés au sein de cinq associations mobilisent leurs savoir-faire au nom de la solidarité. « D'habitude, nos clients sont des PME ou des grands groupes car les TPE n'ont pas forcément les moyens de s'offrir nos services », commente Mylène Boché-Robinet, avocate et présidente de l'association Women in restructuring.
Mais aujourd'hui, tout entrepreneur en difficulté pourra se signaler et bénéficier de leurs conseils, sans rien payer. Pour faire le lien, le site Internet SOS entreprises sera fonctionnel d'ici quelques jours. Les experts bénévoles, habitués des tribunaux de commerce, fermés à cause du Covid-19, consacreront une partie de leur emploi du temps à répondre aux demandes des petits patrons.
Ils préparent votre rebond
Les associations qui accompagnent - gratuitement - les indépendants et entrepreneurs après un échec sont nombreuses. SOS entrepreneur rompt l'isolement du dirigeant, à deux doigts de la cessation de paiements. « On reçoit 100 appels par jour, témoigne son fondateur Bruno Delcampe. On leur conseille de négocier l'abandon ou le report de certaines charges. »
De son côté, l'association 60 000 rebonds compte sur ses 1200 bénévoles, qui peuvent accompagner jusqu'à deux entrepreneurs par an. Plusieurs dizaines d'anciens patrons et cadres retraités viendront en renfort ces prochains jours. Objectif : faire face à l'éventuel « tsunami », dans les semaines prochaines, de dépôts de bilan. Autant de patrons désemparés qu'il faudra aider à se relever.


Les numéros de téléphone et les sites Internet utiles
Ministère de l’Economie : conseils, orientation vers les services compétents. Numéro vert (gratuit) : 0.800.94.25.64 (lundi de 10 heures à 17 heures du lundi au vendredi).
Bpifrance : prêts sans garantie. Numéro vert : 0.969.370.240. Formulaire à remplir sur bpifrance.fr. L’argent est versé sur le compte bancaire de l’entreprise sous dix jours ouvrés.
Mouvement des entreprises de France (Medef) : conseils, partages d’expériences. Adresse mail dédiée : covid19@medef.fr. Privilégier l’antenne locale : www.medefparis.fr, www.medef-gironde.fr...
Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) : conseils. Site Internet : cpme.fr/dossiers/economie/coronavirus.
Chambre de métiers et de l’artisanat : conseils, démarches administratives. Adresse mail dédiée : infocovid19@cma-france.fr. Site Internet : artisanat.fr/covid19-les-reponses-vos-questions.
CCI : conseils. Site cci.fr/coronavirus-entreprise. Pour y voir plus clair dans les mesures : les-aides.fr.
Les associations du retournement : conseils. Site Internet : sos-entreprises-coronavirus.fr.
SOS entrepreneur : conseils pour rebondir. Site Internet : www.sos-entrepreneur.org. Téléphone 24/24 : 06.15.24.19.77.

 



 

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"Ce que l'on appelle échec n'est pas la chute, mais le fait de rester à terre. "

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