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Presse écrite

Le Républicain Lorrain - Onze conseils pour faire de l’échec une expérience

Le 20-10-2016

Et si l’échec devenait gage de réussite ? Comment se comporter face aux difficultés de son entreprise , rebondir en cas de dépôt de bilan ? Ne pas s’isoler ni avoir honte, savoir tirer parti de l’expérience et changer de mentalité.

1/ Changer de mentalité. – « Faut provoquer le destin et y croire. Vendre le projet et se vendre », témoigne Julien Boutter, ancien tennisman de haut niveau , créateur de feu l’ Open de Moselle . « Si on a peur de ne pas réussir, mieux vaut ne rien entreprendre . Le projet n’est peut-être pas mûr », avertit Thierry Erhardt, patron du groupe de communication GET, basé en Alsace , Lorraine et Luxembourg. « Aux Etats-Unis , l’échec est un passage obligé. Une banque ne vous prête pas tant que vous n’avez pas échoué », témoigne Patrick Nicolas , ancien directeur général d’un grand groupe au Canada , chef d’ entreprise en France qui est passé par un dépôt de bilan. « Là- bas, après un échec on se relève et on repart. Chez nous , le chef d’ entreprise qui se plante est considéré comme nul. »

2/ Ne pas craindre le regard des autres .
– « Ne pas réussir, c’est aussi subir le regard des autres », insiste Christophe Schmitt, à l’origine du programme Peel, étudiants- entrepreneurs à l’Université de Lorraine. « Il faut se débarrasser de ce poids. Pourquoi ne pas agir ? Qu’est-ce qu’on a à perdre ? »

3/  Regarder autour de soi. – « Je ne connais pas un entrepreneur qui a réussi du premier coup, poursuit Christophe Schmitt. Les 5 626 prototypes de l’ aspirateur Dyson sont souvent cités en exemple . Même ceux qui arrêtent l’expérience entrepreneuriale donnent une formidable valeur ajoutée à leur CV. » Tout l’inverse d’un échec.

4/ Analyser l’erreur et se remettre en question . – « A chaque échec, je dois trouver la cause de l’erreur. Par la suite , j’évite ces erreurs, mais j’en fais d’autres, admet Thierry Erhardt. Faut savoir analyser. » On peut alors appliquer l’adage : essaie encore, échoue encore mais échoue un peu mieux.

5/ Aller au bout de ses rêves . – « J’ai pas lâché mon idée , insiste Thierry Erhardt. Je voulais bosser dans la com’, je voulais mon agence et être indépendant . Il faut une grande force mentale. » Alexandre Neveux , créateur de l’ Académie des chefs à Metz, modère : « Avoir la foi, mais rester mesuré et construire son projet. »

6/ Etre bien entouré même quand tout va bien –. Les réseaux d’entrepreneurs servent à cela, les clubs- service aussi. « Le plus important, ce n’est pas d’avoir quatre banquiers , cinquante amis , mais des chefs d’entreprise qui vous comprendront et pourront vous accompagner », témoigne Alexandre Neveux.

7/ Ne pas s’isoler quand tout commence à aller mal
. – Le réflexe, c’est le repli sur soi, le déni. On puise dans sa trésorerie , injecte ses deniers personnels . C’est tout le contraire qu’il faut faire.

8/ Ne pas avoir peur . – « La peur n’empêche pas le danger , avertit Bruno Delcampe , créateur de SOS entrepreneur. Quelle énergie perdue dans la peur, cette boule au ventre qui empêche de dormir. Alors que la reconstruction demande toute notre énergie. »

9/ Ne pas attendre la dernière minute . – S’il ne fallait retenir qu’un seul conseil , c’est celui-là. « On nous appelle toujours à la dernière minute . Quand on ne peut plus payer l’ Urssaf , déplore Bruno Delcampe. Alors que des pistes peuvent être explorées : procédure amiable, systèmes de sauvegarde . » A la CCI Lorraine, Didier Gabriel du service « entreprises en difficulté » regrette également des appels quand tout est trop tard. « Le gouvernement a évolué dans ce domaine . Impôts , TVA , cotisations dues, on peut trouver des solutions sans passer par le tribunal pour sauver l’emploi et l’ activité . Mais encore faut-il pouvoir le faire au bon moment. »

Aller vers des professionnels également, au-delà du banquier et de l’ expert-comptable (lire ci-contre).

10/ Assurez vos arrières. – Un chef d’entreprise n’a droit à aucune indemnité et n’a plus de rémunération . Souvent toutes ses économies y sont passées. Il a perdu son capital , mais il doit souvent rembourser la banque sur ses biens propres. On parle des 3D : dépôt de bilan, divorce, dépression . Assurez ses arrières, c’est avoir conscience des huit points précédents, c’est être prêt à accepter un job alimentaire au Smic. Au Peel, les étudiants -entrepreneurs ont droit à la séquence : savoir réussir son échec.

 11/ Savoir Rebondir.– Liquider son entreprise, c’ est une blessure , une douleur , une responsabilité vis-à-vis des salariés dont on s’est séparé. Mais ça n’est pas une honte et pas forcément un échec qui doit marquer au fer-blanc toute la vie . Tomber fait partie de la vie, c’est une expérience. On se pose , on digère, on analyse avec les bonnes personnes et on repart. Depuis trois ans, grâce à SOS entrepreneur, le chef d’entreprise qui a fait faillite n’est plus interdit bancaire.

Laurence SCHMITT.

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"Beaucoup rêvent de succès. A mon sens, le succès ne peut être atteint qu'après une succession d'échecs et d'introspections. En fait, le succès représente 1% de votre travail qui comporte lui, 99% de ce qu'on peut appeler échec."

Soichiro Honda