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Presse écrite

LE JOURNAL DES ENTREPRISES -Défaillances . SOS Entrepreneur lance un prêt d'honneur pour PME en difficultés

Le 09-12-2015

ACCOMPAGNEMENT : L'association SOS Entrepreneur incite les PME en difficultés à ne pas attendre avant de la contacter, pour corriger plus efficacement la situation. Face au haut niveau des défaillances d'entreprises en 2015, l'association régionale SOS Entrepreneur réagit par le lancement d'un prêt d'honneur.

D’après les chiffres présentés par l'association nordiste SOS Entrepreneur, l'année 2015 va enregistrer un nombre de défaillances d'entreprises supérieur à 60.000, soit 20 % de plus par rapport l'avant-crise de 2008 [49.850 en 2007]. Le Nord - Pas-de-Calais affiche ainsi 2.615 défaillances sur les trois premiers trimestres 2015, soit +1.4% par rapport à la même période en 2014. Quant à la Picardie, elle enregistre 1.023 défaillances sur cette période, contre 1.090 sur les trois premiers trimestres de 2014. Dans ce contexte, l’association lance un prêt d'honneur en direction des PME en difficultés et, dans la perspective de la Loi. Macron 2 (Loi Noé), elle partage ses propositions économiques pour faciliter le crédit aux PME.
Des prêts d'honneur aux PME
L'association SOS Entrepreneur a décidé d'octroyer des prêts d'honneur aux dirigeants de PME en grandes difficultés et qui ne se payent plus. L'idée est que ces prêts puissent financer un accompagnement d'urgence de crise.
« Nous pouvons apporter une contribution à hauteur de 1.800 € par mois, pour que le dirigeant de la PME en difficultés soit accompagné sur sa situation par un expert de crise. Nous finançons ainsi 80% de l'accompagnement et 400 € restent a la charge du dirigeant », détaille Bruno Delcampe, fondateur de l’association S0S Entrepreneur. Les premiers prêts vont être accordés avant la fin de t'année et leur évolution sera fonction des dons reçus par l’association. « Nous ne recevons pas de subventions de la région ou de l'état; nous tirons nos ressources de dons d'entreprises et de particuliers », explique Bruno Delcampe.
Propositions pour le crédit
Dans la perspective de la Loi Macron 2 (Loi Noé), SOS Entrepreneur intervient depuis quelques semaines auprès du Présidence de la République et du Ministre de l'Economie Emmanuel Macron, avec des propositions pour faciliter la distribution du crédit aux entreprises. L’objectif affiché est double : relancer le financement du besoin en fonds de roulement et aussi relancer l'investissement. « Les fonds propres ont baissé de 60 % dans tes PME depuis 2008 et par conséquent,les entreprises ont des difficultés à financer leur production [achat des matières premières, paiement des salariés... malgré un carnet de commandes plein », regrette Bruno Delcampe. Ce dernier souhaite donc faciliter le crédit pour que les entreprises puissenl financer leur BFR. Côté investissement, cette fois, Bruno Delcampe affirme : « ll faut aussi financer l’investissement car il ne reprend pas suffisemment en France et donc, l'emploi non plus. »
A Bercy, face à un conseiller d'Emmanuel Macon, l’association a présenté ses pistes. D'abord, « Faire diminuer la portée des cautions bancaires personnelles pour les PME, en supprimant notamment de celles-ci la résidence principale du dirigeant ». Ensuite, il s'agirait également pour SOS Entrepreneur de limiter cette caution clans le temps : « Aujourd'hui, elles sont à durée indéterminée », soupire le fondateur de l'association. Enfin, celui-ci prône la réactivation des organismes de caution mutuelle qui existaient auparavant; « Cela pourrait être mis en place avec BPI par exemple » illustre le fondateur de l'association.
Une dernière proposition concerne les entreprises en plande sauvegarde ou de continuation : « Ces entreprises n‘ont plus accès au crédit: pour renouveller leur outil de production, cela explique pourquoi 80 % des plans de sauvegarde sont convertis en liquidation... », affirme Bruno Delcampe. L’association propose qu'en cas de plan de sauvegarde ou de continuation, après avoir laissé passer une durée de deux ans prouvant que le dirigeant est en capacité de rembourser, sa dette judiciaire soit rachetée par une banque pour devenir une dette classique, pour que sa PME puisse à nouveau emprunter.

Elodie Soury-Lavergne

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