Les dossiers de SOS Entrepreneur

Actions dans la société civile...

Entreprises/Covid.19 : Comment éviter aprés un premier sauvetage des trésoreries en 2020, une explosion des liquidations en 2021

 

 

                                                                Le 23 avril 2020

A la suite des nombreux décrets promulgués par le gouvernement pour aider les entreprises à faire face aux conséquences de la crise du COVID.19 et limiter ainsi les pertes de chiffre d'affaires, qui ne seront jamais rattrapées, SOS Entrepreneur a demandé à Bercy, avec les membres du Portail du Rebond des Entrepreneurs, des améliorations sur les mesures en cours, et propose une nouvelle mesure à mettre en oeuvre immédiatement.

1) Accès au Fonds de solidarité :
Aujourd’hui le Fonds de Solidarité est « Accessible pour toutes les TPE de 10 salariés au plus » : Une condition jugée inéquitable : Il y a une totale incompréhension et une forme de colère de toutes ces TPE qui font moins d’1 million et qui ont plus de 10 salariés !...qui n’ont donc pas accès au Fonds de solidarité.

Demande : « Un Fonds de Solidarité pour toutes les entreprises dont le CA est inférieur à 1 m€ sans condition de nombre de salariés »

2) Accès au PGE :
La garantie à 90% des PGE empêche le financement d’un grand nombre d’entreprises fragiles :
Les PGE sont garantis par l’état à 90% (à contrario de l’Allemagne qui les garantit à 100%) : ce qui empêche d’aider, comme le souhaiteraient notre président et notre premier ministre dans leurs interventions télévisées, les entreprises en risque de liquidation à cause de la perte de CA induite par le Covid 19.
Ainsi et contrairement à l’Allemagne, les banquiers ont la possibilité de refuser le PGE aux entreprises qui souffrent pourtant d’une raison exogène à leur modèle économique déjà fragilisé (Covid-19).
Des refus d’octroi de PGE en nombre aux TPE/PME par les banques sont constatés, pour les raisons suivantes :
Une notation banque de France à 5+ et plus ;
Des capitaux propres inférieurs à la moitié du capital social ; (et plus particulièrement pour les entreprises qui sont en plan de continuation ou de sauvegarde et qui sont à 90% dans ce cas).

Demande : «Que le PGE à 100% remplace le PGE à 90% »


Accès interdit au PGE pour la majorité des entreprises qui sont en RJ : c’est-à-dire pour toutes celles dont le jugement d’ouverture de RJ est antérieur au 1/1/2020, (aujourd’hui seulement autorisé aux entreprises dont le RJ a été prononcé depuis le 01/01/2020)

Demande : « Accès au PGE pour toutes les entreprises en RJ et en sauvegarde ; quelque soit la date d’ouverture du jugement de RJ »
.

Une nouvelle mesure à mettre en oeuvre immédiatement pour éviter une catastrophe économique en 2021, dûe à la dégradation de la structure des bilans des entreprises, sous l'effet de la crise du Covid-19. :

Ce que nous constatons à partir de l’analyse des entreprises qui ont monté une demande de dossier PGE :
Les entreprises s’endettent pour remplacer la perte massive de CA.
La perte de CA et le report court terme des charges ont un effet immédiat sur les résultats attendus de l’année 2020 : Il est à craindre qu’une grande partie des plus fragiles soit en pertes en 2020 (versus une année 2019 où elles étaient pourtant bénéficiaires).

Les conséquences directes seront :

  1. une baisse des capitaux propres ;
  2. une dégradation violente de la notation Banque de France ;
  3. Une réelle incapacité à revenir à l’équilibre en 2021 ;
  4. Une incapacité à investir dés 2021 ;
  5. Un raidissement du soutien des banques à partir de 2021 mettant en péril le monde des TPE/PME. les plus fragiles.

Une nouvelle proposition à nos gouvernants pour contrer ce phénomène dés maintenant :

Que les banques prêtent non seulement dans le cadre du PGE mais en parallèle permettent l’injection de fonds propres dans les TPE/PME, via l’injection d’obligations subordonnées : cela coûterait moins cher que de devoir supporter le risque économique attendu pour 2021.
Comment ? En faisant en sorte que les banques puissent financer les entreprises dés maintenant, en proposant un mixte de crédits (PGE) et d’injections de fonds propres sous forme d’obligations subordonnées (le total des 2 financements ne dépassant pas 30% du CA annuel) : Les banques pourraient acheter des obligations subordonnées, dont le coupon peut ne pas être versé si l’entreprise emprunteuse est en difficulté, ce qui leur donnerait partiellement le statut de fonds propres.
Ainsi, l’état permettrait de financer la crise de liquidité des entreprises par des PGE et des fonds propres ou des quasi-fonds propres, évitant ainsi la dégradation de la structure des bilans des entreprises, donc du recul de l’investissement qui suivrait la crise du covid-19.

En conclusion , il nous semble qu’il ne faille pas seulement maintenir les entreprises en vie pour 2020 en leur permettant uniquement d'équilibrer leur trésorerie. Par cette dernière proposition, ll faut les maintenir en vie avec une structure financière qui leur permette d’investir dés 2021, au risque sinon de voir exploser de façon exponentielle le nombre de liquidations en 2021.


SOS Entrepreneur est une association d’intérêt général à but non lucratif créée en mars 2011. SOS Entrepreneur permet aux dirigeants de PME confrontés à de grandes difficultés (risque de cessation des paiements), d’accéder à un accompagnement d’urgence pour les aider à trouver des solutions innovantes et faciliter le sauvetage de leur entreprise. SOS Entrepreneur développe une plateforme téléphonique ouverte 24H/24, 7J/7, qui permet aux dirigeants d’entreprise en grande difficulté de parler, de sortir du silence et de trouver des solutions. SOS Entrepreneur intervient également nationalement auprès de la société civile (évolution des lois,…) pour aider les entrepreneurs de PME à rebondir, et contribuer au développement de l’emploi et de la croissance. Enfin, SOS Entrepreneur est membre fondateur du Portail du Rebond des Entrepreneurs. www.sos-entrepreneur.org

Retour

Entrepreneurs...

"Ce que je veux savoir avant tout, ce n'est pas si vous avez échoué, mais si vous avez su accepter votre échec."

Abraham Lincoln